Cool California
Un reportage sur les voitures anciennes, sur l’art de prendre le temps de voyager et sur l’amitié qui dure
L’une de mes devises préférées est : « Faites-le pour le plaisir, pas pour l’argent ». Evidemment, c’est encore mieux si l’on peut vivre de ce qu’on aime. C’est le cas de Jimmy George Francis, JG pour les intimes, dont la passion pour la restauration de voitures anciennes et les voyages est devenue un mode de vie - et un moyen de payer le loyer. Nous lui avons parlé au téléphone à l’une des rares occasions où il était chez lui, à Los Angeles.
Les origines de la fascination
Passionné de voitures en tous genres depuis sa plus tendre enfance, JG a grandi dans le Nevada aux côtés d’un mécanicien qui l’a initié à Mercedes-Benz et est devenu son meilleur ami malgré la différence d’âge. Depuis cette époque, il garde profondément ancré en lui le son produit par le moteur lorsque son ami sortait la voiture, la façon dont la porte se refermait et l’odeur de la sellerie cuir. « Tout est dans les détails, explique-t-il, vous pouvez démonter complètement la voiture, puis la réassembler sans aucun problème. A ce moment-là, vous vous dites : wow, incroyable ! Et vous vous sentez serein. »
C’est donc sans aucune surprise qu’il a acheté sa propre Mercedes il y a environ huit ans. C’était une 300 SD de 1979 en jaune érable délavé et bambou décoloré. « En redonnant vie à cette voiture, j’ai beaucoup appris sur Mercedes-Benz, mais surtout, j’ai enfin trouvé quelque chose que j’ai adoré faire. »
Depuis lors, il a restauré près de 300 modèles avec un talent qui, de toute évidence, lui a été transmis dès le berceau. En revanche, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette passion ne lui vient pas de son père. « Ma mère faisait des courses de voiture dans les années 60 ; elle est très manuelle et douée pour réparer les choses. Je crois que je tiens ça d’elle. » Au fil des ans, il a gardé cinq ou six voitures pour son usage personnel. Actuellement, il conduit une 300 D bicolore de 1975. Elle est marron et porte des rayures couleur lavande pour aller avec ses Ray Bans, le summum du customizing !
Voyages et amitiés
Passer la nuit dans le désert mexicain, cumuler treize crevaisons en quatorze jours, affronter le blizzard sans essuie-glace, croiser des chevaux miniatures et une vache savamment coiffée… des expériences bizarres, JG et Sean Johnstun, son ami de toujours, en ont fait encore bien d’autres au cours des dernières années. Ils ont en effet effectué une vingtaine de voyages en voiture et traversé 37 Etats. Cela fait beaucoup de kilomètres au compteur, c’est clair !
« Nous n’arrêtons pas de nous dire que nous devrions écrire un livre sur tout ça. » Amis depuis le lycée, ces deux-là ont parcouru quelque 64 000 km rien qu’au cours des dernières années. « Nous ne prenons jamais l’autoroute, mais préférons toujours emprunter les routes secondaires, même si cela prend plus de temps. C’est comme cela que l’on cumule les anecdotes. » Par exemple, faire un gros trou dans le réservoir d’huile en testant la suspension à grande vitesse sur une mauvaise route au milieu de nulle part, en plein Nouveau-Mexique. Aucune réception téléphonique ni quoi que ce soit. « Sept heures et un paquet de JB Weld à 200 dollars plus tard, nous étions à nouveau opérationnels. Nous sommes arrivés à Farmington juste à temps pour voir une fille complètement ivre vomir dans sa cabine chez Denny’s », peut-on lire sous la photo parue à ce sujet sur Facebook.
Globalement, camper en plein désert n’est pas vraiment leur mode d’hébergement favori. « Généralement, nous passons la nuit chez des amis, parfois, nous dormons à l’hôtel ou alors - c’est un de mes meilleurs souvenirs - nous échouons sur la plage et écoutons les noix de coco tomber par terre », se souvient Sean. Est-ce qu’il ne leur arrive pas de se taper sur les nerfs ? « Nous piquons parfois une crise de fou rire à propos de choses complètement idiotes, mais il nous arrive aussi de rester silencieux pendant des heures sans qu’il y ait aucun malaise. Nous nous entendons bien, quoi qu’il arrive. »
Cette attitude décontractée transparaît également dans leur approche du voyage. « Quand vous choisissez de rouler doucement, à l’écart des grandes routes, vous apprenez beaucoup de choses sur le pays. Nous avons découvert les différences culturelles qui existent d’un Etat à l’autre rien qu’en allant faire nos courses dans les magasins ou les stations-services », explique JG. On peut acheter des cannes à pêche et des cuisses de grenouille dans l’Alabama, des mocassins au Mexique et des râteliers à fusils au Texas. « Le Mississippi paraît vieux et déprimant par endroits tandis que dans le Kentucky, par exemple, tout est beau et luxuriant, avec de jolies clôtures à piquets blancs. » Autant de détails qui échappent souvent aux voyageurs qui foncent sur les grands axes.
Une certain culture de la voiture ancienne
« D’une certaine manière, la voiture que vous choisissez reflète votre personnalité et votre mode de vie. A Los Angeles, de nombreux jeunes gens apprécient le côté un peu original lié à une voiture assez ancienne. Tout le monde ne peut pas se payer une voiture neuve, mais les modèles classiques vous apportent le même type de reconnaissance. Si vous arrivez au night-club à bord d’une vieille 300 D, vous pouvez aussi bien vous garer juste devant la porte que si vous étiez au volant d’un SL flambant neuf. Elle garde cette sorte de statut. » JG vit dans un quartier résidentiel des environs de LA. « La recette pour vivre dans cette ville, c’est d’habiter à un endroit où on n’a pas besoin de prendre la voiture tous les jours. » JG, qui possède six petits garages où il travaille en alternance, se rend tous les matins à pied dans son coffee shop préféré, The Village Bakery and Café. Il y écrit ses mails et y retrouve ses amis. « LA a parfois mauvaise réputation, mais il y aurait un tas de bonnes choses à dire sur cet endroit », raconte-t-il dans le documentaire Mercedes-Benz Classics - a Way of Life (pour voir la vidéo, cliquer ci-dessus). « Le soleil brille la plupart du temps... les gens sont de meilleure humeur… ils travaillent dur et profitent malgré tout de la vie. »
En résumé : prenez plaisir à ce que vous faites, voyagez les yeux grand ouverts et nouez des amitiés pour la vie. Une philosophie à appliquer aussi en dehors de la Californie.
Jimmy George Francis, propriétaire de Ray Ban couleur lavande et d’une riche collection de vieilles valises, restaure et vend des voitures anciennes de marque Mercedes-Benz à Los Angeles : www.mercedesmotoring.com
Sean Johnstun réside au « capitol mondial de la musique live », autrement dit Austin, au Texas. Il conduit un Dodge de 1942 sans chauffage ni essuie-glaces. C’est un photographe talentueux, mais également un génie des aménagements et capitonnages intérieurs www.fatluckys.com
Retrouvez ces deux personnages dans la séquence vidéo Mercedes-Benz intitulée Classics - a Way of Life (pour visualiser la vidéo, cliquer sur le lien ci-dessus)


